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Groupe Huit
🌿 Les villes sous pression
Les villes côtières font face à une pression croissante liée à l'urbanisation et à la dégradation accélérée des écosystèmes naturels. Abidjan et Mombasa illustrent cette tension : avec des populations d'environ 4,7 millions et 1,4 million d'habitants respectivement, les deux villes sont confrontées à une expansion urbaine rapide et largement non planifiée qui entraîne déforestation, pollution et empiètement sur des zones écologiquement sensibles. Dans ce contexte commun, Groupe Huit a développé deux approches spécifiques pour concilier développement urbain et préservation des écosystèmes.
💧 Ce que les Solutions fondées sur la Nature offrent concrètement
Dans les deux villes, l'objectif est le même : protéger ou restaurer des écosystèmes fonctionnels qui rendent des services que les infrastructures conventionnelles ne peuvent pas reproduire à coût équivalent. À Mombasa, les mangroves sont des écosystèmes productifs qui soutiennent la pêche, fournissent un habitat pour les juvéniles de poissons, permettent l'apiculture, des activités de poterie, et constituent le socle des moyens de subsistance de milliers d'habitants qui dépendent de l'économie bleue des criques. Lorsqu'elles sont situées en front lagunaire et dans les zones côtières urbanisées, comme dans la baie de Cocody à Abidjan, les mangroves peuvent également jouer un rôle de protection contre l'érosion des berges, limiter les effets des inondations et contribuer à la stabilisation des sols dans des espaces fortement soumis à la pression urbaine. Les mangroves peuvent également réduire l'érosion côtière et éviter des pertes et dommages. Enfin, les mangroves figurent parmi les écosystèmes capables de séquestrer le plus de carbone par hectare.
🌱 Protéger, valoriser ou créer : l'évaluation locale est déterminante
Le bon type d'intervention dépend de l'état de l'écosystème : et des communautés qui vivent à ses côtés. À Mombasa, l'étude de Groupe Huit financée par la Banque Mondiale s'est appuyée sur une évaluation écologique de référence rigoureuse, conduite en étroite coordination avec une mission parallèle de CREOCEAN, pour identifier les priorités d'investissement en matière de protection et de restauration des mangroves. Sur les trois systèmes de criques, l'évaluation a identifié une logique d'intervention différenciée. Mwache Creek, le bloc de mangroves le plus grand et le plus sain, représentant 55% du couvert total de mangroves de Mombasa, appelle à une protection immédiate et sans ambiguïté. Tudor Creek, enchâssé dans un tissu urbain dense, nécessite une réhabilitation ciblée dans les zones où les communautés riveraines ont déjà un intérêt démontré et ancré dans le temps pour la santé de l'écosystème. Cette distinction est importante : sans appropriation locale, les zones restaurées sont rapidement ré-empiétées ou laissées sans entretien. À Cocody, l’étude réalisée par Groupe Huit et financée par le CTCN (Climate Technology Centre & Network), visait à restaurer les mangroves de la baie de Cocody. Les investigations de terrain ont cependant diagnostiqué une situation particulière : contrairement à d'autres systèmes lagunaires, les mangroves de la baie y sont aujourd'hui quasiment disparues. Les analyses des images satellitaires entre 1990 et 2021 mettent en évidence une régression des mangroves d’environ 86%, directement associée à l’expansion urbaine rapide et à la pression anthropique sur les berges lagunaires. Des consultations avec les acteurs locaux ont mis en évidence l'intérêt de recréer des zones de mangroves dans certains secteurs de la baie, notamment le long des berges lagunaires soumises à l'érosion et à l'artificialisation progressive des rives. Plusieurs sites potentiels ont ainsi été identifiés à partir d’analyses satellitaires et d’ateliers participatifs menés avec les autorités villageoises : Cocody Village, Blockauss, M’Badon et l’île Désirée. Certains de ces secteurs présentent encore un fort potentiel écologique car ils correspondent à d’anciennes zones de mangroves, mais les contraintes restent importantes (érosion des berges, pollution par les déchets plastiques, rejets d’eaux usées et forte pression urbaine). À Cocody Village par exemple, les études soulignent qu’un éventuel reboisement nécessiterait au préalable la restauration des conditions hydrologiques et environnementales du site ainsi que la mise en place d’ouvrages de stabilisation des berges.
🌿Les stratégies de mangroves sont nécessairement spécifiques à chaque contexte, mais elles sont reproductibles. Chaque nouveau projet renforce le précédent : les cadres de diagnostic, les méthodologies d'analyse coût-bénéfice et les approches d'intégration des SfN dans les cadres institutionnels et de planification existants que Groupe Huit développe à Mombasa et Abidjan sont conçus pour être transférables, affinés selon les contextes, et progressivement consolidés en une pratique plus robuste et fondée sur des données probantes.
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